La mer (Yôko OGAWA)

Cette première lecture japonaise de l’année me donne l’occasion de présenter l’un des deux challenges littéraires que j’ai décidé de relever cette année: Autrices du monde, créé par Claire du blog Des pages et des lettres. L’idée est simple: chaque mois, sur la page Instagram associée, les autrices d’un pays sont mises à l’honneur, le choix du pays se faisant grâce à un vote parfois serré entre les participants! Je suis séduite par le concept, qui relie deux objectifs personnels pour cette année: continuer à découvrir des auteurs féminines, et voyager au gré de mes lectures, à défaut de pouvoir le faire en vrai.

J’ai lu La mer le mois dernier pour coller au pays alors à l’honneur, le Japon. Malheureusement, je ne suis pas arrivée à temps pour rédiger ma chronique, mais je tenais quand même à la déposer sur le blog, car ce fut une bonne surprise.

Et cette couverture…! Les livres de la collection Babel sont toujours tellement beaux.

Je n’en suis pas à ma première rencontre avec Yôko OGAWA, et j’avoue qu’il sera difficile d’égaler le coup de cœur ressenti pour La formule préférée du professeur, lu l’an dernier et dont je garde un souvenir vivace. En choisissant ce court recueil de nouvelles, je tentais le diable, car ce n’est pas un genre que j’ai l’habitude de lire, et j’apprécie en général peu les nouvelles, toujours trop courtes pour l’imaginative que je suis. À la lecture des deux premières nouvelles, « La mer » et « Voyage à Vienne », je me suis d’ailleurs demandé si j’allais passer à côté du recueil complet où s’il me réservait une bonne surprise. Et puis, j’ai lu les premiers paragraphes de « Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly« , et je me suis laissé emporter par la poésie, la magie de l’histoire et des mots de l’autrice. À la faveur d’un caractère de plomb qui casse, la narratrice, récemment engagée comme dactylo au sein du bureau Butterfly, découvre le dépôt des caractères et l’étrange personnage qui y travaille; de là part toute une réflexion sur la portée symbolique, la signification des courbes, des pleins et des déliés des caractères de plomb de sa machine: « À partir d’un petit caractère, le gardien peut décrypter toutes sortes d’aspects. En réalité, le que je lui ai apporté avait seulement la moitié du trait gauche des deux traits centraux ébréchée, mais cela seul suffisait à détruire l’équilibre de l’ensemble. Choqué, recroquevillé, il tremblait misérablement. Au point que j’avais instinctivement envie de le prendre entre mes mains pour lui prodiguer mon souffle tiède. » (p. 66).

Sur les quatre autres nouvelles du recueil, sans surprise pour moi, j’ai apprécié les deux plus longues, moins les deux plus courtes. Cette lecture reste une belle expérience et, si vous ne connaissez pas encore Yôko OGAWA, je ne peux que vous conseiller d’aller jeter un œil à ses écrits! Elle y laisse toute sa place à une dimension onirique plaisante et, comme dans presque toute la littérature japonaise que j’ai lue jusqu’à maintenant, je suis sensible à l’équilibre fragile du monde qu’elle dépeint, grâce à la même délicatesse, la même douceur qu’elle insuffle à ses mots. Ne comprenant pas un mot de japonais, je suis bien sûre que le talent de la traductrice (Rose-Marie MAKINO-FAYOLLE) n’est pas pour rien dans le sentiment de plénitude que les textes de cette autrice me procurent!

Note: cette lecture compte également pour la catégorie 70 du challenge des Littéravores: Un genre que vous n’avez pas l’habitude de lire.

Connaissez-vous Yôko Ogawa? Avez-vous d’autres de ses textes à me recommander?

À très vite,

M.

5 réflexions sur “La mer (Yôko OGAWA)

  1. J’aimerais beaucoup lire Yôko Ogawa. Je vois tellement ses ouvrages sur la toile qu’elle finit par m’attirer. Il est vrai que j’appréhende son écriture onirique et poétique, une telle écriture peut s’avérer un tantinet hermétique. Mais la poésie offre tellement… que la snober m’est difficile.
    Merci pour ton retour sur ce recueil.

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    1. C’est poétique, oui, mais je n’ai pas trouvé ces nouvelles hermétiques, ni les autres livres que j’ai lus d’elle. Je pense au contraire que chacun peut garder de sa lecture ce qui lui parle, mais en tout cas la beauté de la langue (et le talent de la traductrice!) résonne longtemps en moi après avoir refermé ses livres 🙂 Si tu tentes, je serais ravie de connaître ton sentiment sur cette autrice!

      Aimé par 1 personne

      1. Ah ah, le jour où le nombre de livres sur mes étagères aura baissé… les poules auront des dents! Je n’ai aucune volonté, il suffit que je passe devant une librairie ou un marché aux livres pour que je me laisse tenter! La littérature asiatique m’attire aussi, et particulièrement la japonaise, que j’essaye d’approfondir depuis le début de l’année.

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  2. Ping : Janvier – Mon bilan de lecture – Livres & Douceurs

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