La tresse (Laëtitia COLOMBANI)

J’ai terminé hier La tresse, le premier roman de Laëtitia COLOMBANI, paru en 2017 chez Bernard Grasset. Je l’avais vu passer plusieurs fois sur les réseaux, et je n’ai pas été déçue! Pour dire, cela faisait longtemps que je n’avais pas eu envie de chroniquer une lecture.

Dès les trois premiers chapitres, un pour chaque protagoniste, l’autrice réussit le tour de force de nous les rendre sympathiques d’emblée. Même si j’ai eu une préférence au fil du livre, impossible de ne pas m’attacher à chacune d’elles!

D’abord Smita, une Dalit (une Intouchable, en Inde), condamnée par sa caste à ramasser les excréments des autres castes pour survivre, comme sa mère et sa grand-mère avant elle, comme toutes les femmes intouchables. Pourtant, un « papillon dans son ventre », comme le décrit l’autrice, la pousse à se rebeller contre cet état de fait pour sa fille, Lalita. C’est décidé, celle-ci ira à l’école, apprendra à lire et à écrire, peu importent les sacrifices et les dangers à braver.

Ensuite, Giulia, une jeune femme sicilienne qui découvre, suite à un accident de son père, que l’atelier de celui-ci est en faillite, risquant d’entraîner sa famille et les ouvrières qui y travaillent dans la pauvreté. Réussira-t-elle à sauver l’entreprise familiale et à mettre sa mère et ses soeurs à l’abri du besoin sans se perdre elle-même?

Enfin Sarah, grande avocate dans un cabinet réputé, dont toute la vie est organisée à la minute près autour de son travail. Alors qu’elle est sur le point d’être promue managing partner du cabinet où elle travaille, elle apprend qu’elle a un cancer avancé. Commence alors pour elle une double bataille: contre sa malade, et contre le regard des autres. Elle fera tout pour cacher sa maladie à son entourage, en particulier professionnel, et rester performante, mais se rendra finalement compte que ses priorités ne sont pas forcément les bonnes et que, dans son cabinet, elle n’est appréciée et tenue en estime que pour sa performance, sans considération pour l’être humain qui se trouve derrière les nuits blanches et les weekends de travail.

Les destins de ces trois femmes courageuses s’entrelacent avec finesse, comme les brins d’une tresse, dans ce roman porté par une écriture simple et douce, bien que puissante. J’ai admiré la détermination des personnages, l’aspect de transmission intergénérationnelle qui existe dans chacune de ces histoires (Smita et sa fille Lalita, Giulia et son père, Sarah avec sa fille, mais aussi sa mère, décédée d’un cancer). Seul petit bémol à mes yeux: j’aurais voulu suivre les trois protagonistes plus longtemps et approfondir leurs vies respectives. Cela aurait bien valu quelques centaines de pages en plus! Il m’a manqué ce petit quelque chose pour faire de ce livre une lecture coup de coeur, mais cela reste une très belle découverte. Saurez-vous deviner à qui va ma préférence entre ces trois femmes formidables?

On m’a conseillé Les victorieuses, de la même autrice, je pense que je me laisserai tenter! Avez-vous lu l’un de ces deux livres? Qu’en avez-vous pensé? Venez échanger avec moi en commentaires!

Prenez soin de vous.

M.

2 réflexions sur “La tresse (Laëtitia COLOMBANI)

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